Test Metroid Prime 4: Beyond, solide sur Switch 1, plus précis sur Switch 2
Metroid Prime 4: Beyond arrive avec une attente rare, celle d’un épisode capable de respecter l’héritage de Samus Aran tout en retrouvant une place claire sur Switch 1 et Switch 2. Le constat est simple : le jeu est solide, fidèle et souvent plaisant, mais il reste prudent dans ses choix. Son intérêt varie aussi selon la console utilisée, avec un écart net entre la version Switch 1 et la version Switch 2.
Verdict du test : un Metroid Prime sûr de lui, plus brillant que surprenant
Le premier constat rassure. Metroid Prime 4 ne donne pas l’impression d’un épisode bancal ou hors sujet. L’exploration en vue subjective, la progression par capacités, les combats contre les boss et le scan sont bien là. Le jeu reprend ce qui fait l’identité de la série, avec une structure lisible et une ambiance de science-fiction isolée qui reste efficace.
Cette fidélité a un prix. Pour un joueur qui voulait avant tout retrouver un vrai Metroid Prime dans la continuité de la trilogie, l’ensemble fonctionne. Pour celui qui attendait une rupture nette, l’effet de surprise sera plus limité. JVmag le résume comme un jeu « solide mais classique », et la formule colle bien à ce que racontent les retours disponibles. Metroid Prime 4 semble moins vouloir bousculer la formule que la remettre en marche proprement.
En pratique, trois profils se dégagent. Les fans de la série y retrouveront l’exploration, la montée en puissance et la sensation de progression. Les nouveaux venus qui aiment les Metroidvania peuvent y entrer sans trop de difficulté, car la structure reste claire. Les joueurs sensibles à la netteté, aux chargements ou à la précision de visée devront surtout regarder de près la version choisie.
Switch 1, Switch OLED ou Switch 2 : la version change vraiment l’expérience
La question technique est centrale dans ce test de Metroid Prime 4. D’après l’extrait de Jeuxvideo.com consacré à la version Switch 1, le jeu tient bien sur l’ancienne console, mais avec des compromis visibles. En mode docké, la résolution baisse, les textures paraissent plus floues et l’image perd en netteté. Sur un grand écran, le rendu est donc plus facile à comparer, et les limites se voient davantage.
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En portable, la Switch OLED s’en sort mieux dans le ressenti. L’écran OLED compense en partie l’absence de HDR et rend l’ensemble plus agréable à l’œil. Le rendu y est décrit comme impressionnant. C’est un point important, car sur une machine moins puissante, la taille de l’écran, les contrastes et la densité perçue peuvent adoucir ce que la définition laisse apparaître.
| Version | Points forts | Limites à prévoir | Profil conseillé |
|---|---|---|---|
| Switch 1 en mode docké | Framerate stable, expérience complète, jeu praticable sur TV | Résolution plus faible, textures plus floues, netteté réduite | Joueur peu sensible aux compromis visuels |
| Switch OLED en portable | Rendu agréable, écran valorisant, immersion confortable | Absence de HDR, taille d’écran limitée pour certains détails | Joueur nomade ou amateur de portable |
| Switch 2 | Chargements plus courts, confort supérieur, mode souris plus réactif | Intérêt surtout visible si l’on cherche la meilleure version | Joueur exigeant sur la fluidité d’usage et la précision |
Le point le plus rassurant concerne la fluidité. Jeuxvideo.com n’a relevé aucune chute de framerate, même dans les situations chargées. C’est essentiel pour un Metroid Prime, car le plaisir repose sur la continuité entre déplacement, scan, saut, tir et observation. En revanche, les temps de chargement sont plus longs sur Switch 1 que sur Switch 2, surtout lors des transitions entre zones. Dans un jeu fondé sur les allers-retours, ce détail finit par peser plus qu’une attente isolée.
Gameplay et visée : le mode souris donne l’avantage à la Switch 2
La visée au stick reste jouable, mais moins nerveuse
Metroid Prime a toujours occupé une place à part. Ce n’est pas un FPS classique, mais un jeu d’exploration en vue subjective où la précision, le verrouillage, le placement et la lecture de l’environnement comptent autant que le réflexe pur. Sur Switch 1, la visée au stick reste praticable selon Jeuxvideo.com. Elle permet de jouer correctement, de gérer les affrontements et de profiter des combats contre les boss, décrits comme engageants et satisfaisants.
La différence vient surtout de la réactivité. La version Switch 2 bénéficie d’un mode souris, présenté comme plus vif que la visée au stick. Cela peut sembler secondaire sur le papier, mais en combat, face à des projectiles, des ennemis volants ou des cibles mobiles, quelques fractions de seconde changent la sensation de contrôle. Le jeu ne devient pas difficile à jouer au stick, il perd surtout en immédiateté.
Des combats efficaces, surtout quand l’arène raconte quelque chose
Les boss semblent rester l’un des points forts de l’expérience. Dans un bon Metroid Prime, un affrontement ne consiste pas seulement à vider une barre de vie. Il demande de lire une arène, de comprendre une vulnérabilité, d’alterner esquive et observation, puis d’exploiter une nouvelle capacité au bon moment. Quand cette boucle fonctionne, le combat prolonge l’exploration au lieu de la couper.
La charnière du gameplay se situe là, entre la main qui vise et l’œil qui analyse. Metroid Prime 4 est le plus convaincant quand le joueur cesse de foncer et commence à inspecter les angles morts, les reliefs, les portes verrouillées et les trajectoires ennemies. C’est dans cette articulation entre réflexe et déduction que la série garde son identité. Une commande plus précise améliore le confort, mais elle ne remplace pas cette qualité rare, faire sentir que chaque salle possède sa logique propre.
Exploration et structure Metroidvania : fidélité assumée, audace mesurée
Le cœur de Metroid Prime 4 reste sa structure Metroid-like. On explore, on se heurte à un obstacle, on obtient une capacité, on revient autrement, on ouvre un nouveau passage. Le principe peut sembler ancien, mais il reste efficace quand le level design donne envie de retenir les lieux en mémoire. Les références à des zones comme la Vallée Del Sol, aux donjons, aux systèmes d’indice et aux objectifs réguliers montrent que le jeu s’inscrit dans une tradition claire de progression balisée, sans devenir totalement linéaire.
Cette fidélité peut se lire de deux façons. Côté positif, elle rassure. On retrouve l’ADN de Prime, la solitude, le scan, l’exploration méthodique et la curiosité récompensée. Côté critique, elle laisse l’impression d’un épisode qui prolonge davantage qu’il ne transforme. Les joueurs habitués à Metroid Dread, Fusion ou aux nombreux Metroidvania modernes pourraient attendre plus de prise de risque dans le rythme ou les systèmes.
La complétion à 100% mérite aussi d’être prise au sérieux. Gamekyo souligne l’intérêt des tests qui vont jusqu’au bout des contenus possibles, surtout quand le testeur finit les jeux à 100% si possible. Dans Metroid, finir l’aventure ne suffit pas toujours à comprendre tout le jeu. Les collectibles, les chemins secondaires et les secrets révèlent souvent la qualité réelle de la carte. Si revenir dans une ancienne zone devient naturel et gratifiant, l’exploration fonctionne. Si cela ressemble à une corvée, la structure montre ses limites.
Héritage de la licence : où placer Metroid Prime 4 parmi les anciens épisodes ?
Comparer Metroid Prime 4 aux précédents épisodes est inévitable. Le premier Metroid Prime, arrivé sur GameCube en 2003, reste un jalon majeur. Il a prouvé que Metroid pouvait passer à la 3D sans perdre son âme. JVmag rappelle d’ailleurs que sa technique tient encore debout vingt ans plus tard, ce qui dit beaucoup sur la solidité de sa direction artistique.
Metroid Prime 2: Echoes et Metroid Prime 3: Corruption ont ensuite élargi la formule, chacun à leur manière, avant que les trois premiers opus soient compilés en 2009 dans Metroid Prime Trilogy sur Wii. À côté, Metroid: Other M, Metroid Fusion et Metroid Dread servent souvent de points de comparaison pour la narration, les objectifs réguliers, les dialogues ou la tension de progression. Metroid Prime 4 s’inscrit clairement dans cette filiation sans chercher à la renverser.
La bonne manière de l’aborder consiste donc à ajuster ses attentes. Ce n’est pas forcément l’épisode qui redéfinit la série, mais celui qui remet en mouvement une formule longtemps attendue. Si vous jouez sur Switch 1, l’achat se défend à condition d’accepter une image moins nette et des chargements plus longs. Si vous avez accès à une Switch 2, c’est la version à privilégier pour le confort, les transitions plus rapides et la visée au mode souris.
Au bout du compte, Metroid Prime 4: Beyond ressemble davantage à un retour solide qu’à une révolution. Il est techniquement maîtrisé dans ses limites, plaisant dans ses combats, fidèle dans son exploration et prudent dans ses ambitions. Pour les fans, c’est assez pour replonger. Pour les autres, c’est une porte d’entrée exigeante, mais cohérente, à condition d’aimer les jeux qui demandent d’observer avant de tirer.
